This article is available in: PDF HTML Être passionné un peu, beaucoup, énormément? Le concept de la passion chez les joueurs de poker, une étude qualitativeSlightly, Very or Extremely Passionate: The Concept of Passion Among Poker Players – A Qualitative Study

Journal Information
Journal ID (publisher-id): jgi
ISSN: 1910-7595
Publisher: Centre for Addiction and Mental Health
Article Information
Article Categories: JGI Scholar’s Award, Category A
Publication date: May 2018
Publisher Id: jgi.2018.38.6
DOI: 10.4309/jgi.2018.38.6

Être passionné un peu, beaucoup, énormément? Le concept de la passion chez les joueurs de poker, une étude qualitativeSlightly, Very or Extremely Passionate: The Concept of Passion Among Poker Players – A Qualitative Study

Adèle Morvannou Faculté de Médecine et des Sciences de la santé, Université de Sherbrooke, Longueuil, Québec, Canada
Magali Dufour Faculté de Médecine et des Sciences de la santé, Université de Sherbrooke, Longueuil, Québec, Canada
Natacha Brunelle Département de Psychoéducation, Université du Québec, Trois-Rivières, Québec, Canada
et Élise Roy Institut National de Santé Publique du Québec, Montréal, Québec, Canada

Résumé

La passion est étudiée depuis une quinzaine d’années chez les joueurs de jeu de hasard et d’argent. Elle comprend deux formes, soit la passion obsessive (PO) qui est contrôlante et la passion harmonieuse (PH) qui laisse de la place à d’autres activités du joueur. Les études transversales associent la PO aux problèmes de jeu, ce qui n’est pas le cas de la PH. Toutefois, la pertinence de l’utilisation du concept de passion et son influence sur les comportements de jeu, selon le discours des joueurs, sont totalement méconnues. Les objectifs de cette étude étaient d’examiner la pertinence du concept de passion chez des joueurs poker (JdP) et de comprendre les liens entre les deux formes de passion et les problèmes de jeu. Cette étude qualitative descriptive est la deuxième composante d’une étude mixte séquentielle auprès de JdP du Québec (n=12). L’analyse de contenu thématique a été réalisée en privilégiant la thématisation en continu. Parmi les participants, la majorité a été ou est actuellement passionnée de poker et les deux formes de passion sont des concepts pertinents selon les joueurs. Le fait d’être passionné serait l’un des facteurs influençant les comportements de jeu. Toutefois, un JdP peut continuer à jouer sans être passionné alors que l’on peut également être passionné sans nécessairement jouer fréquemment. Il ne semble donc pas y avoir de lien direct entre la passion et la fréquence de jeu. La pertinence du concept de passion pour les joueurs permet de penser qu’il pourrait être utilisé en prévention ou encore dans le traitement des JdP.

Mots-clés/Keywords: passion, poker, problèmes de jeu, étude qualitative / passion, poker, gambling disorder, qualitative study

Abstract

Passion among gamblers has been studied for the last decade and a half. There are two forms of passion: obsessive passion (OP), which is controlling, and harmonious passion (HP), which leaves room for the gambler’s other activities. Cross-sectional studies associate OP with gambling problems, which is not the case for HP. The relevance of the concept of passion and passion’s influence on gambling behaviour are, however, uncertain, according to gamblers themselves. The objectives of this study were to examine the relevance of the concept of passion for poker players (PP) and understand the connections between the two forms of passion and gambling problems. This qualitative descriptive study is the second part of a sequential mixed study with PPs in Québec (n=12). The thematic content analysis was conducted using continuous thematization. The majority of the participants were or are currently passionate about poker, and both forms of passion are relevant concepts for these players. According to them, being passionate is one of the behaviours that influences gambling behaviour. A PP may, however, continue to play without being passionate, but also be passionate without necessarily playing frequently. There does not, therefore, seem to be any direct connection between passion and frequency of play. The relevance of the concept of passion for poker players suggests that it may be used preventively or in the treatment of PPs.

Introduction

Tantôt affublé d’une connotation positive comme la performance (Vallerand et al., 2007), tantôt négative comme l’excès ou l’agressivité (Dostoïevsky, 1867; Philippe, Vallerand, Richer, Vallières et Bergeron, 2009), le concept de passion est devenu un terme populaire et répandu, comme en témoigne son utilisation fréquente dans la presse (p. ex. l’émission « mon métier, ma passion… » à Radio Canada). La passion est souvent mentionnée par les artistes, les politiciens et les personnalités, dont le célèbre scientifique Albert Einstein : « Je n’ai pas de talent particulier. Je suis seulement passionnément curieux. » (traduction libre de citations, cité par Vallerand, 2015, p.11). Au Québec, entre 75 % et 84 % de la population générale rapporte être passionnée pour au moins une activité au cours de sa vie (Philippe, Vallerand et Lavigne, 2009; Vallerand et al., 2003). Vallerand a développé le Modèle Dualiste de Passion selon lequel la passion est définie comme une « forte inclination (affinité) vers une activité (ou un objet ou une personne) qui définit la personne en elle-même, qu’elle aime (ou qu’elle adore), qu’elle trouve importante et qu’elle considère avec sérieux, et dans laquelle elle investit du temps et de l’énergie » (traduction libre de citations, Vallerand, 2015, p.33). Selon le Modèle Dualiste de Passion, la passion est intégrée à l’identité de l’individu et est en adéquation avec les valeurs personnelles (Vallerand, 2015). L’activité occupe une place signifiante dans la vie du passionné et le définit en partie. Née du constat qu’être passionné peut apporter du bien-être et donner un sens à la vie des individus (Vallerand, 2015), la passion est un construit motivationnel appartenant à la psychologie positive, approche qui connaît un essor sans précédent depuis une vingtaine d’années (Lecomte, 2009).

La passion est un concept novateur qui a la particularité de comprendre deux formes d’engagement dans une activité, la passion harmonieuse et la passion obsessive, chacune ayant des implications distinctes telles que des comportements adaptés et moins adaptés respectivement. Être passionné par une activité comprend la présence des deux formes, l’une des deux étant prédominante (Vallerand, 2015). Lorsque la passion harmonieuse prédomine, celle-ci n’oppresse pas l’identité ou les autres activités de l’individu, malgré la place significative que prend l’activité de passion. La personne garde la maîtrise de ses comportements et décide de s’adonner ou non à sa passion. À contrario, la passion obsessive exerce une pression, est contrôlante et laisse peu de place aux autres activités de la personne qui perd le contrôle de ses comportements, mais désire toujours nourrir sa passion (Vallerand, 2015). Depuis les années 1990, plus d’une centaine d’études auprès de populations d’âges et de continents variés ont porté sur la passion (Marsh et al., 2013) pour des activités variées telles que la musique (Mageau et al., 2009), l’enseignement (Carbonneau, Vallerand, Fernet et Guay, 2008), le sport (Vallerand, Losier et Pelletier, 2006) ou encore les jeux de hasard et d’argent (JHA) (Rousseau, Vallerand, Ratelle, Mageau et Provencher, 2002).

Les JHA sont des activités connues pour enthousiasmer leurs adeptes (Francis, Dowling, Jackson, Christensen et Wardle, 2015), mais également pour mener certains joueurs à subir des conséquences négatives telles que des problèmes de jeu (Carbonneau, Vitaro, Brendgen et Tremblay, 2015; Kairouz et Nadeau, 2014; Romo et al., 2011). De fait, plusieurs études rapportent que des joueurs peuvent s’engager de manière intense dans les JHA, comme en témoigne le temps qu’ils y consacrent (Shead, Hodgins et Scharf, 2008). Un tel engagement peut avoir un impact significatif sur le fonctionnement psychologique des joueurs par exemple apporter du bien-être et de la joie (Lee, Back, Hodgins et Lee, 2013) ou au contraire, des affects anxieux, dépressifs, de la frustration ou encore des ruminations (Ratelle, Vallerand, Mageau, Rousseau et Provencher, 2004). Pour comprendre comment une telle implication dans les JHA peut à la fois apporter des conséquences bénéfiques et néfastes, soit encourager ou décourager un fonctionnement psychologique optimal, plusieurs études récentes ont emprunté le concept de passion (Mageau, Vallerand, Rousseau, Ratelle et Provencher, 2005; Rousseau et al., 2002).

Une dizaine d’études quantitatives a permis de mieux comprendre l’association entre la passion d’une part et les comportements et les problèmes de jeu d’autre part (Back, Lee et Stinchfield, 2011; Castelda, Mattson, MacKillop, Anderson et Donovick, 2007; Lee, Back, Hodgins et Lee, 2013; Lee, Chen, Song et Lee, 2013; Lee, Chung et Bernhard, 2013; MacKillop, Anderson, Castelda, Mattson et Donovick, 2006a; MacKillop, Anderson, Castelda, Mattson et Donovick, 2006b; Mageau et al., 2005; Morvannou, Dufour, Brunelle, Berbiche et Roy, 2017; Philippe et Vallerand, 2007; Ratelle et al., 2004; Rousseau et al., 2002; Skitch et Hodgins, 2005; Vallerand et al., 2003; Vallerand et Guay, 2012; Vallerand et al., 2006). Ces études réalisées auprès de différents types de joueurs de JHA (casino, machines à sous, black jack, roulette, paris sportifs en ligne, paris hippiques, bingo, billets de loterie, cartes, billard, bowling, golf et poker) ont illustré la distinction entre les deux formes de passion en ce qui concerne les conséquences positives et négatives (Mageau et al., 2005; Morvannou et al., 2017; Rousseau et al., 2002). Par exemple, une étude transversale récente, la seule menée chez des JdP, a montré que la passion obsessive augmente le risque d’avoir des problèmes de jeu modérés ou pathologiques, ce qui n’est pas le cas de la passion harmonieuse (Morvannou et al., 2017).

Alors que les études quantitatives laissent penser que la passion des joueurs de JHA influence leurs comportements de jeu, encore aucune étude, à notre connaissance, ne s’est intéressée à savoir si les joueurs eux-mêmes décrivent leur lien avec le poker comme une passion et si cette dernière influence leurs habitudes de JHA. Par conséquent, le sens du terme « passion » et la pertinence de son utilisation pour aborder les habitudes de JHA avec les joueurs selon leur discours restent encore inconnus. Pourtant, s’intéresser au point de vue des joueurs à partir d’une perspective qualitative est utile pour adapter les traitements qui ciblent les problèmes de jeu (Bouju, Grall-Bronnec, Quistrebert-Davanne, Hardouin et Vénisse, 2013). À notre connaissance, aucune étude qualitative n’a jusqu’alors été réalisée sur la passion des JHA, alors que ce type d’étude est privilégié pour étudier le point de vue des participants de manière exploratoire (Fortin, 2010). Ainsi, le devis qualitatif apparaît le plus adéquat pour donner du sens au concept de passion et l’interpréter à partir des significations que leur attribuent les joueurs (Sandelowski, 2000). Les objectifs de cette étude sont donc de comprendre le sens du terme « passion » et le lien entre la passion et les comportements et problèmes de jeu selon la perception des JdP.

Méthode

Cette étude qualitative et exploratoire s’inscrit dans une recherche basée sur un devis de recherche mixte séquentiel (Ivankova, Creswell et Stick, 2006) combinant cette composante qualitative à une composante quantitative précédente (Morvannou et al., 2017). Ces deux composantes s’inscrivent dans une étude de cohorte prospective menée auprès de JdP du Québec, au Canada, ci-après appelée l’étude principale (Dufour et al., 2013). Cet article présente les résultats de la composante qualitative de l’étude mixte dont le but était d’approfondir le concept de passion, mais également d’expliquer les liens observés dans la composante quantitative entre la passion et les comportements de jeu.

La méthode descriptive qualitative est utilisée en raison du peu de connaissances sur la passion des joueurs et leur expérience (Creswell, 2009; Sandelowski, 2000). Ce devis permet de comprendre la réalité des joueurs à partir de leurs propres mots, nous permettant l’accès à leurs perceptions, à leurs idées, à leurs pensées et à leurs croyances (Sandelowski, 2000).

Échantillonnage et recrutement

Dans l’étude principale, un échantillon de convenance composé de 400 JdP a été recruté dans 16 des 18 régions de la province du Québec entre 2009 et 2016 (Dufour et al., 2013). La procédure d’échantillonnage reposait sur une stratégie de convenance. Les joueurs ont été recrutés dans des endroits où se réunissent habituellement les JdP, virtuellement ou physiquement (bars, casinos, presse écrite, Facebook, sites Internet dédiés au poker en ligne, lors de tournois ou d’événements majeurs), soit par l’intermédiaire d’une étude épidémiologique (Kairouz, Nadeau et Paradis, 2010) qui a recruté ses participants de manière aléatoire dans la population adulte québécoise. Il s’agit donc d’un échantillon non probabiliste composé de volontaires. Pour participer à l’étude principale, les joueurs devaient rapporter avoir joué au poker pour de l’argent au cours de la dernière année, se définir comme JdP, avoir au moins 18 ans et parler français ou anglais. Parmi les 400 joueurs de l’étude principale, un sous-échantillon de 159 participants a répondu à l’Échelle de Passion des JHA (Rousseau et al., 2002), lancée en 2013. Ces 159 joueurs constituaient les joueurs de la composante quantitative de l’étude mixte séquentielle mentionnée plus haut. Les joueurs de l’étude principale et du sous-échantillon étaient similaires quant aux caractéristiques sociodémographiques (sexe, âge, état matrimonial, niveau de scolarité) et aux problèmes de jeu (p > 0,05).

La présente étude qualitative comprend une partie des joueurs inclus dans la composante quantitative. Pour être admissibles, les participants devaient 1) avoir un niveau de passion harmonieuse ou obsessive supérieur ou égal à la médiane de l’échantillon de l’étude principale (médiane passion harmonieuse = 3,4; médiane passion obsessive = 1,2), 2) habiter la région de Montréal, 3) faire toujours partie de l’étude principale au moment de l’étude qualitative, 4) parler français. L’objectif des critères de sélection était de cibler les participants susceptibles d’avoir un point de vue sur la passion du poker. Afin d’obtenir une diversité de profils, l’échantillon qualitatif devait comprendre au moins un participant dans chacune des quatre catégories de l’Indice Canadien du Jeu Excessif dont le score s’étend de 0 à 27 (score de 0 = joueur sans problème, 1 ou 2 = joueur à faible risque, 3 à 7 = joueur à risque modéré, 8 et + = joueur problématique) (Ferris et Wynne, 2001). Parmi les 159 participants de la composante quantitative, 49 étaient admissibles à la composante qualitative selon les critères d’inclusion. Parmi les 49 participants admissibles à l’étude qualitative, 20 ont été contactés par téléphone par l’auteure principale afin d’être invités à participer. Le choix des participants à contacter s’est réalisé de manière aléatoire à partir de la liste des participants identifiés. Jusqu’à trois tentatives à des heures variées ont été faites pour contacter chacun des participants. Sur les 20 joueurs, six n’ont jamais pu être rejoints et deux ont refusé de participer par manque de temps. Au total, un échantillon de convenance de 12 JdP a participé à ces entrevues entre avril et septembre 2016.

Le processus de recrutement s’est déroulé simultanément au processus d’analyses jusqu’à ce que la saturation empirique concernant le sujet d’intérêt principal soit atteinte, c’est-à-dire jusqu’à ce que les dernières entrevues aient cessé de faire émerger de nouveaux thèmes (Paillé et Mucchielli, 2012). La saturation doit se comprendre ici comme l’absence de nouvelles données en ce qui a trait à la passion du poker.

L’Échelle de Passion des JHA (Rousseau et al., 2002) comprend 10 éléments (5pour la passion harmonieuse et 5 pour la passion obsessive), avec 7 choix de réponse pour chacun des éléments compris entre « pas du tout en accord » et « très fortement en accord ». La consigne était la suivante : « En pensant au poker, veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes en accord avec les énoncés suivants. » Un score de 5 à 35 est obtenu à chacune des deux sous-échelles de l’Échelle de Passion des JHA, permettant le calcul du score moyen pour chacune des deux formes de passion compris entre 1 à 7. La version française de l’Échelle de Passion des JHA a de bonnes qualités psychométriques autant dans l’étude de validation (passion harmonieuse, α de Cronbach = .76; passion obsessive, α = .90) (Rousseau et al., 2002) que dans le sous-échantillon (n = 159) à partir duquel la présente étude qualitative est réalisée (passion harmonieuse, α de Cronbach = .87; passion obsessive, α = .89).

Procédure

Au total, 12 entrevues individuelles semi-structurées de 45 à 90 minutes ont été réalisées afin de poser le problème dans sa complexité (Fortin, 2010). En raison du peu de temps dont disposaient les participants et pour encourager la participation, les entrevues se sont déroulées pour huit d’entre eux à partir d’un logiciel de communication gratuit sur Internet qui permet aux utilisateurs de réaliser des appels téléphoniques ou vidéos. Les quatre autres entrevues ont été faites par téléphone, au choix des participants. Toutes les entrevues ont été réalisées et enregistrées par la première auteure. Au début de chaque entrevue et après avoir obtenu le consentement éclairé oral des participants, l’intervieweuse a récolté des données sociodémographiques (sexe, âge, état matrimonial, niveau de scolarité, revenu moyen), la durée moyenne d’expérience au poker (nombre d’années) et la participation au poker au cours des douze derniers mois (plus d’une fois par mois; moins d’une fois par mois; n’y joue plus depuis quelques mois). L’intervieweuse a ensuite rappelé son intérêt à comprendre la manière dont les joueurs considéraient le poker à l’aide de cette phrase : « Parmi tous les joueurs de poker, tous apprécient le poker à des degrés différents et intègrent le poker à leur vie de manière différente. J’aimerais savoir ce qu’il en est pour vous ».

Le guide d’entrevue consistait en une série de questions ouvertes construites de manière à permettre la tenue de propos concernant l’expérience de la passion des JdP. Bien que ces questions aient fourni un cadre pour l’entrevue, le guide d’entrevue est resté flexible, laissant place à des questions d’éclaircissement (Milne et Oberle, 2005) et des reformulations et des résumés afin de valider la compréhension (Rogers 1953). Le guide s’est centré sur les deux thèmes principaux : a) la passion du poker (p. ex. « Que pensez-vous du terme de « passion » au poker? »; « Décrivez-moi ce qu’est être un joueur de poker passionné? »), b) l’évolution de la passion et des habitudes de poker et les facteurs ayant pu jouer une influence (p. ex. « Décrivez-moi votre passion pour le poker actuellement? »; « Comment a-t-elle évolué depuis l’initiation jusqu’à aujourd’hui? »). Les participants étaient amenés à donner des exemples pour éclaircir leurs propos.

Pour leur participation à l’étude, les participants ont reçu par la poste une carte cadeau de 30 $ CA d’une librairie une fois l’entrevue réalisée. Après chaque entrevue, l’intervieweuse a pris des notes de terrain incluant des observations générales quant au déroulement de l’entrevue, aux éléments de contenu marquants, aux comportements non verbaux et à l’attitude des participants. Ces notes de terrain ont été transcrites et ont fait partie du processus d’analyse pour aider à clarifier certains propos. Les participants de l’étude ont été anonymisés en leur attribuant des numéros puis des prénoms fictifs de manière aléatoire. L’étude a été approuvée par le Comité d’éthique de la recherche des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Sherbrooke (N/Réf. 2014-79/Morvannou/).

Analyse des données

Malgré le fait que cette étude s’inscrive dans une recherche basée sur un devis de recherche mixte séquentiel, les analyses présentées dans cet article sont exclusivement qualitatives. Une fois les enregistrements audionumériques transcrits sous forme de verbatims par une professionnelle qualifiée en transcription, l’analyse de contenu thématique a été utilisée pour coder et comparer les données (Paillé et Mucchielli, 2012). Le travail de thématisation a consisté à transposer le corpus en thèmes représentatifs du contenu analysé, et ce, en lien avec les objectifs de l’étude. Les thèmes ont été identifiés, notés au fur et à mesure de la lecture de chaque entrevue dans une marge créée à la droite du texte, puis regroupés, fusionnés et hiérarchisés par thèmes centraux. La démarche utilisée est la thématisation en continu (Fortin, 2010). Selon Braun et Clarke (2006), les thèmes peuvent être générés de manière inductive à partir des données de recherche ou déductive en fonction des théories de référence. Dans cette étude, les thèmes sont à la fois inductifs et déductifs puisqu’ils ont été directement extraits des verbatims et guidés par le Modèle Dualiste de Passion (Vallerand, 2010), appliqué aux JHA (Rousseau et al., 2002). Afin de s’immerger dans les données, les enregistrements audionumériques ont été écoutés de manière répétitive et les notes de terrain relues attentivement. Une consultation avec les co-auteures s’est réalisée tout au long du processus d’analyse (Graneheim et Lundman, 2004). Enfin, les verbatims ont été analysés après avoir été importés à partir du logiciel NVivo V.8 (QSR 2008), (Bergin, 2011).

Résultats

Description de l’échantillon

Tous les participants (n = 12) étaient des hommes âgés de 21 à 63 ans (M = 30,42; e-t = 11,05 ans) et un peu plus de la moitié des joueurs étaient en couple. La moitié des participants avaient pour dernier niveau de scolarité complété le collégial, un seul un niveau d’études secondaires et les cinq autres au moins un baccalauréat. Le revenu moyen des participants était de 40 071 $ CA (e-t = 14 789 $ CA). La durée moyenne de l'expérience de jeu de poker pour l'ensemble de l'échantillon était de 9,5 ans (e-t = 7,7 ans; [2-32]). Au cours des 12 derniers mois, tous les participants ont joué au poker dont neuf au moins une fois par mois; sept participants jouaient majoritairement au poker en ligne et les cinq autres en salle. La moitié des participants ont rapporté être des joueurs occasionnels et les six autres des joueurs professionnels au moment de l’entrevue ou dans le passé.

Selon l’Échelle de Passion des JHA, le score moyen de passion harmonieuse dans l’échantillon était de 3,85 (e-t = 1,47; [2,4-6,4]) et de 2,27 pour la passion obsessive (e-t = 1,49; [1,2-5,2]). Selon le score à l’ICJE, deux participants n’avaient aucun problème de jeu, un participant était considéré à faible risque, sept présentaient un risque modéré et deux autres étaient des joueurs problématiques.

Pertinence de l’utilisation du terme « passion » au poker

La majorité des participants ont déclaré avoir été ou être actuellement passionnés de poker et avoir connu d’autres joueurs passionnés. Le terme passion semble bien correspondre à ce que vit la majorité :

« Je ne pense pas à un autre terme que « passion » qui peut être utilisé (pour décrire le lien des joueurs avec le poker). Mais on peut être passionné dans plusieurs choses et je pense que le poker peut être une passion aussi. Moi j’adore le poker. J’adore le poker. J’aime le poker. » (Christian)

Pour expliquer comment la passion du poker se traduit, l’ensemble des participants ont abordé ce qu’ils aiment dans le poker et la place centrale du poker dans leur vie.

Ce que les joueurs aiment dans le poker

Les participants ont rapporté aimer ce jeu en raison à la fois de la composante d’habiletés, des émotions positives qu’ils ressentent et de l’aspect social du jeu, incluant la possibilité de se mesurer à d’autres joueurs et d’avoir des discussions sur le poker avec des pairs.

La composante d’habiletés au poker confère aux joueurs la possibilité de relever des défis intellectuels au niveau des stratégies mathématiques (analyse du jeu en termes de probabilités de gain) et psychologiques (analyse des joueurs et « bluffe »), de mettre à l’épreuve les stratégies apprises théoriquement et de prendre des décisions réfléchies selon les connaissances acquises. Plusieurs joueurs ont mentionné avoir découvert un monde à part entière à leur initiation au poker et avoir l’impression de toujours pouvoir s’améliorer, car le poker comprend une part de stratégie. Selon les joueurs, la composante d’habiletés procure un sentiment de dépassement de soi et de valorisation :

« Moi ce qui m’a fait découvrir le jeu et pourquoi j’ai été très intéressé à ce jeu que j’aime c’est toutes les mathématiques, les stratégies et les interactions avec les autres joueurs qu’on pouvait avoir et c’est ça qui m’a attiré au début. Ensuite, c’est là que j’ai été passionné et que j’ai commencé à lire des livres, des stratégies, regarder des vidéos pour apprendre par moi-même et me dépasser par moi-même. » (Julien)

L’intensité des émotions positives, comme l’excitation et le plaisir, fait partie de ce qu’ils aiment dans le poker:

« Pendant cinq heures, c’est très intense parce que la partie est intéressante parce que les autres sont intéressants, vous voyez? La tâche est difficile et vous réussissez quand même à gagner alors là c’est ce qu’il y a de passionnant, c’est vraiment l’extase. » (Paul)

Jouer les uns contre les autres est également un aspect qui vient nourrir la passion du poker, selon les joueurs. La compétition entre joueurs, se rencontrer entre amis ou développer des liens d’amitié lors de parties de poker, affronter d’autres joueurs réputés, influencer le jeu des autres participants, faire partie d’une communauté de joueurs et que tous les joueurs aient les mêmes chances de gagner en début de partie sont des aspects soulignés par les participants.

Parce qu’ils aiment le poker, quelques joueurs ont rapporté avoir développé leur carrière professionnelle autour du poker ces dernières années, non comme joueurs professionnels, mais comme commentateurs de parties de poker, développeurs de site de poker ou coachs pour joueurs.

Pour d’autres, leur passion du poker s’exprime à travers les discussions entre joueurs à propos du poker. Un certain enthousiasme à partager ce qu’ils vivaient a d’ailleurs été observé lors des entrevues :

« Moi, je rencontre un joueur de poker dans un bar ou un café, on s’assoit puis on parle de poker pendant une heure, vous comprenez ce que je veux dire. C’est de la passion là. On se raconte des bons coups, on se dit « oh t’as pas vu à la télévision le bon coup qu’il a fait », ça nous passionne. » (Paul)

Le poker est central dans la vie des joueurs

Pour l’ensemble des participants, les joueurs passionnés ont en commun la place centrale qu’ils accordent au poker, en lien avec l’envie de performer au poker. Cinq participants ont comparé le poker à un sport pour décrire qu’il s’agit d’une discipline en constante évolution qui demande une actualisation des connaissances continuelle et la plupart qualifient le poker d’« activité sérieuse ». Selon eux, ce sérieux se traduit par le temps et l’énergie investis dans le poker à travers différentes activités comme jouer au poker le plus souvent possible, se tenir au courant des dernières nouvelles du monde du poker, lire sur les stratégies, analyser des parties de poker jouées ou observées précédemment, imaginer la prochaine stratégie à utiliser, adopter les termes d’usage propres au poker, parler de poker avec d’autres joueurs expérimentés et des amis :

« Selon moi être passionné c’est d’en parler tout le temps, d’en manger, de suivre les nouvelles du poker, de suivre aussi les meilleurs. Donc c’est vraiment de lire des revues, de lire des livres, de suivre des joueurs de poker professionnels, de…d’être parti à un club aussi de poker pour en jouer le plus souvent possible. D’après moi c’est ça la passion du poker...connaître aussi les termes, connaître tout vraiment du poker comme si on avait créé le jeu-là. Il en mange quoi (joueur passionné), je pense qu’il se lève le matin puis il mange des cartes pour déjeuner (rire). » (Matthew)

Une minorité de participants soulignent que le terme « passion » ne s’applique pas à tous les joueurs de poker, ces derniers formant un groupe hétérogène parmi lequel l’intensité de jeu est variable. La passion est, selon eux, un terme qui se réfère invariablement à de l’intensité alors que celle-ci ne se retrouve pas chez tous les joueurs :

« Quand j’entends le mot passion, ça écorche. Je ne suis pas un passionné de poker. J’aime ça. Je peux aimer un peu, beaucoup ou énormément. Alors que tu ne peux pas être passionné un peu. Alors que l’amour qu’on a pour le jeu, pour le Texas Holdem, on peut le quantifier (...) Il faudrait qu’on puisse être en mesure de le quantifier, dire un peu, beaucoup, énormément. » (Philippe)

Deux formes de passion pertinentes au poker?

Les joueurs ont semblé rapidement assimiler les deux concepts de passion harmonieuse et obsessive qui leur ont été présentés et ont en majorité affirmé que ces deux formes de passion s’appliquaient au poker. Trois joueurs ont mentionné que les deux passions peuvent être présentes et que l’une des deux domine l’autre :

« Bien, tu sais, la passion obsessive, je pense que mes amis c’est même pas ça. Tantôt je croyais que c’était ça, mais ce qu’ils font, eux, ça pourrait plus ressembler à une passion harmonieuse-obsessive qu’une passion obsessive tout court. » (Philippe)

Toutefois, les joueurs ont davantage développé leurs discours et semblaient plus enthousiastes lorsqu’il s’agissait d’aborder la passion harmonieuse comparée à la passion obsessive.

La passion harmonieuse

La plupart des joueurs pensent que le terme « passion harmonieuse » est pertinent au poker pour les joueurs qui trouvent un équilibre avec les autres activités de leur vie. Ces joueurs ont rapporté l’avoir soit vécu eux-mêmes, soit observé chez d’autres joueurs, actuellement ou dans le passé :

« Bien je pense que moi, en ce moment, c’est plus ça que je vis, de la passion harmonieuse. Donc, oui, j’aime ça, mais je vais le placer au bon endroit dans ma vie au moment que j’ai vraiment le temps de le faire. Si je n’ai pas le temps, c’est pas grave, ma vie continue, et puis on verra la semaine prochaine. Ça fait que ça s’applique parfaitement. » (Benoît)

Trois joueurs s’étant reconnus dans la passion harmonieuse ont rapporté que les compétences acquises au poker ont eu un effet bénéfique sur leur carrière professionnelle :

« Ce qui m’est arrivé, ce que j’ai appris au poker, j’ai pu l’appliquer dans ma carrière : être plus agressif, jouer des opportunités quand c’est le temps, ‘bluffer’. C’est des choses que j’ai appliquées par après. » (Christian)

Toutefois, deux joueurs pensent que la passion harmonieuse est utopique, leur passion du poker n’ayant été qu’obsessive depuis l’initiation. Une connotation négative est attachée au terme de passion seulement pour ces deux participants. Selon eux, la passion est de nature excessive et a un impact négatif sur les autres domaines de la vie du joueur :

« Je n’y crois pas du tout (passion harmonieuse). Je ne vois pas comment on peut trouver de l’harmonie entre sa famille, les activités professionnelles et le jeu, c’est impossible. » (Paul)

Facteurs qui encouragent la passion harmonieuse

L’ensemble des joueurs ont identifié des facteurs qui encouragent la passion harmonieuse plutôt que la passion obsessive comme instaurer une discipline et ne pas délaisser son réseau social.

Instaurer une discipline. Les participants s’accordent pour dire que la passion harmonieuse n’est possible que pour ceux qu’ils nomment les « joueurs gagnants », c’est-à-dire ceux qui gagnent plus d’argent qu’ils n’en perdent. Selon la plupart des participants, un joueur gagnant considère nécessairement le poker comme une activité sérieuse qui implique d’instaurer une discipline qui permet le contrôle des émotions :

« Vu que j’étais passionné je prenais ça au sérieux. Jamais je n’allais prendre de la boisson ou de la drogue en jouant… Je dois être dans mon meilleur état mental quand je joue. Je veux avoir bien dormi, je veux avoir toute ma tête… Fait que quand je suis fatigué, quand je sens que je ne joue pas bien parce que j’ai perdu une main puis là je me sens fâché… Je ne veux pas jouer dans cet état-là. » (Marc)

Les joueurs qui ont fait du poker leur profession considèrent également le poker avec sérieux, mais la passion du poker a disparu. Selon eux, un joueur peut ne pas être passionné et continuer à jouer :

« C’est sûr qu’au début c’était vraiment une passion là, j’en mangeais du poker, je voulais tout apprendre, je voulais tout le temps m’améliorer, puis éventuellement tu sais après des années à faire ça puis à le faire à temps plein, bin là c’est sûr qu’à un moment donné la motivation, la passion, ça devient moins élevé, fait que tu sais vers la fin, je te dirais les 2, 3 dernières années c’était vraiment…je le traitais comme un moyen de faire de l’argent puis…il y avait moins d’excitation, il y avait moins d’ambition. » (Marc)

Investir son réseau social. La plupart des participants ont dit que continuer à investir les relations sociales malgré la passion du poker est essentiel pour encourager la passion harmonieuse. Prioriser le poker au détriment de leur famille, par exemple, présente un risque pour tous les joueurs, professionnels ou non :

« Si la personne laisse tout de côté pour jouer au poker, puis il a des enfants à charge ou il a une copine, puis il la voit jamais, là ça devient dangereux parce qu’il ne rentre pas, parce qu’il a un tournoi et qu’il veut y aller. C’est sûr, c’est son travail d’être un joueur professionnel, mais… d’aller jouer au poker ça prend du temps, c’est 4 heures, 5 heures, puis si on fait ça à tous les jours, on ne voit plus personne à part ceux qui sont là-bas bien sûr, sauf que c’est pas eux autres qui vont venir à la maison, ce n’est pas nos enfants non plus. C’est pour ça que oui ça peut aller dans les deux sens, puis le terme est bon, la passion harmonieuse puis la passion obsessive. » (Matthew)

La plupart des joueurs ont rapporté avoir réévalué leur investissement dans le poker à un moment donné, tant au niveau du temps, de l’argent, que des relations sociales et autres activités qu’ils avaient délaissées. À la suite de cette réflexion, certains joueurs ont diminué voire arrêté le poker, tandis que d’autres ont continué à jouer, mais ne priorisent pas toujours le poker au détriment d’autres domaines de leur vie comme les relations sociales :

« Non, je disais si quelqu’un joue comme je disais le 5 $ 10 fois par jour, mais que t’as un gain au bout de la ligne puis à chaque jour tu fais 50 $ de gains, tu sais le problème rendu là, c’est peut-être le temps que tu perds là-dedans, rendu là, ce n’est plus l’argent. C’est peut-être que tu te fermes, puis tu vas perdre tes amis. Tu vas perdre tout ce qu’il y a autour de toi. » (Benoît)

La passion obsessive

Tous les participants ont rapporté que la passion obsessive existe au poker, comme dans toute autre activité. La manière dont se traduit la passion obsessive, selon les joueurs, est le fait que la passion éclipse les autres activités de la vie du joueur. Dans le discours des joueurs, on ne distingue pas la différence entre la passion obsessive et les problèmes de jeu :

« Parce que je pense qu’il y a différents niveaux de passion, si tu veux. Il y a des excessifs dans tout là, parce qu’il y en a qui peuvent arrêter de vivre, arrêter de travailler, juste pour jouer au poker. » (Benoît)

Liens entre passion et comportements de jeu

La passion influence les comportements liés au poker

Selon les participants, la passion est un des facteurs qui influence les comportements liés au poker comme la fréquence de jeu, puisqu’elle encourage l’envie de performer :

« Je pense que quelqu’un de vraiment passionné là, qui s’investit à fond, c’est quelqu’un qui jouerait beaucoup, qui analyserait beaucoup le jeu, et ça ne serait pas juste jouer, quelqu’un qui va être vraiment passionné par le poker veut s’améliorer puis essayer de devenir dans les meilleurs… Ce serait beaucoup d’études, beaucoup d’expériences, c’est quelqu’un qui s’investirait à fond dans le jeu, il y en a qui font ça puis un nombre d’heure que le monde passionné peut mettre sur le poker dans une semaine c’est énorme là. » (Jack)

De plus, il semble que la passion se manifeste par un intérêt marqué et une grande quantité de temps consacré aux activités connexes pour s’améliorer au poker, telles que le visionnement d’émissions, la lecture de livres de poker et de discussions avec d’autres joueurs par exemple :

« Les personnes passionnées souvent par le poker ce qu’on va remarquer c’est qu’ils veulent parler de leurs mains avec des joueurs meilleurs. Donc ils vont oser aller poser des questions. « Qu’est-ce que je devrais faire? Quel livre que je devrais lire? » Tu sens la passion derrière eux, puis tu sens leur envie aussi de s’améliorer. Tu le vois en arrière de moi, c’est tous des livres de poker, c’est 300 livres de poker. Je me dis « Bon ok, il faut que je passe à travers ce livre-là si je veux évoluer mon jeu. » (Christian)

À ce propos, l’analyse des verbatims révèle que trois joueurs utilisent les termes « passion » et « motivation » comme des synonymes pour expliquer leurs comportements au poker :

« Je me sentais connecté avec d‘autres (joueurs) puis c’était passionnant de jouer. Quand c’était juste une bulle solitaire pour l’argent, c’était un creux de motivation, de passion. » (Jérémy)

La plupart des participants ont rapporté qu’une des raisons pour lesquelles beaucoup de joueurs ont diminué, voire arrêté, de jouer au poker dans les dernières années était la diminution de la passion du poker. Différentes raisons sont apportées pour expliquer cette diminution comme la démotivation suite à la répétition de parties perdues, la naissance d’autres passions ou encore la baisse de plaisir liée au fait d’avoir comme revenu principal le poker :

« C’était rendu aussi très mécanique, jouer au poker pour gagner sa vie. C’était rendu un peu une tâche à faire tous les jours… Il n’y avait plus vraiment de passion et de plaisir tant que ça là, ce n’était plus un jeu, c’était vraiment un travail. J’avais le goût de passer à quelque chose d’autre. » (Marc)

À l’inverse, la diminution des comportements liés au poker a également influencé la diminution de la passion selon les joueurs au cours des dernières années. Les joueurs expliquent avoir diminué leurs activités de poker pour différentes raisons, telles qu’un changement de réseau social, un déménagement loin des salles de poker, la baisse de l’intérêt des amis à jouer au poker, la diminution du temps libre pour les loisirs et l’arrêt des parties sur Internet par suite de mauvaises expériences qui ont entamé la confiance dans les sites de poker.

« Et puis, ce que j’aimais, c’est que c’était une passion que je pouvais partager avec mes amis que je voyais souvent et plus on se voyait plus on discutait du poker, fait qu’on jouait de plus en plus régulièrement. (…) Cinq ans après le cercle d’amis s’est coupé par des évènements externes. Tu sais, je reviens à Montréal pour un nouveau travail, je rencontre du nouveau monde, fait que le cercle d’amis de poker diminue, j’y vais de moins en moins, je vois moins ces personnes-là, je rencontre du nouveau monde, puis on fait de nouvelles activités, fait que c’est plus le poker. » (Julien)

La passion du poker n’est pas toujours liée aux comportements de JHA

Plusieurs joueurs ont rapporté que la fréquence de jeu et la somme d’argent misée au poker ne donnent pas à elles seules des indices fiables pour savoir si le joueur est passionné de poker. Un joueur pourrait jouer souvent et miser de fortes sommes d’argent comme certains joueurs professionnels, sans être passionné. En revanche, un joueur pourrait être passionné alors qu’il ne joue pas souvent et mise de petites sommes, comme certains joueurs occasionnels :

« Mais vous voyez moi je n’associerais pas la passion à un comportement typique, parce qu’il peut avoir une fréquence énormément variée tout en étant passionné. Moi, par exemple, j’adore ça, puis je me dirais encore passionné, et puis demain, quelqu’un me proposerait une partie, oui, ça m’intéresse à 100 milles à l’heure. Est-ce que ça fait de moi quelqu’un de plus ou moins passionné que les années précédentes où je jouais 100-150 parties par année. Je ne sais pas. C’est ça que je reviens à dire. Mais évidemment, j’en parle moins, donc j’ai peut-être l’air moins passionné dans le comportement. (…) C’est qu’il n’y a pas besoin de mettre beaucoup d’argent pour être passionné en fait. Nous, on la met pour un niveau de sérieux ou de symbole, je veux avoir du plaisir là. » (Benoît)

Discussion

Cette première étude qualitative sur la passion du jeu permet de mieux comprendre le sens de ce concept jusqu’ici inexploré et son influence sur les comportements, à partir de la perception des joueurs. Selon les résultats, il est pertinent d’utiliser le terme « passion » concernant les activités de poker. Des études antérieures ayant montré l’intensité des comportements des JdP en termes de fréquence de jeu (Kairouz et al., 2010; Shead et al., 2008), d’émotions ressenties et l’identification des JdP (Dufour, Petit et Brunelle, 2012) laissaient présager ce résultat. Tant l’étude quantitative que qualitative du poker laissent donc croire à l’existence d’une réelle passion pour cette activité. De plus, les propos des participants ont permis de démontrer que les caractéristiques identifiées par les joueurs pour définir la passion, soit les particularités du poker, la place centrale du poker dans la vie des joueurs, des émotions intenses et le plaisir de jouer au poker, recoupent la définition donnée par Vallerand (2015) selon laquelle l’activité de passion est aimée ou adorée, importante et considérée avec sérieux et dans laquelle du temps et de l’énergie sont investis par le passionné. L’étude du discours des joueurs permet de confirmer davantage la pertinence de l’utilisation du concept de passion des joueurs de JHA et particulièrement au poker. D’autres études ont déjà rapporté des motivations similaires chez les JdP (Dufour et al., 2013). Or, plusieurs études ont montré que la prévention actuelle n’était pas adaptée aux JdP en raison de la part d’habiletés plus grande au poker, comparée aux autres JHA. En effet, la prévention focalise en partie ses messages sur les croyances erronées propres aux jeux qui reposent sur le hasard (Bouju et al., 2013; Caillon, Grall-Bronnec, Hardouin, Vénisse et Challet-Bouju, 2015; Khazaal et al., 2013). Toutefois, les JdP ont pour caractéristique de mettre en place une discipline pour contrôler leurs comportements, leurs émotions, être performants (Palomäki, Laakasuo et Salmela, 2013) et pensent ne pas avoir de croyances erronées (Dufour et al., 2013). De plus, les JdP se considèrent différents des autres joueurs de JHA et ne veulent pas y être assimilés (Dufour et al., 2013). Or, la stratégie de prévention mise en place à l’heure actuelle est le « jeu responsable », développé pour les JHA basés uniquement sur le hasard (Ladouceur, Shaffer, Blaszczynski et Shaffer, 2017). Il est par conséquent difficile de juger de son efficacité chez les JdP. Toutefois, le sentiment de singularité que l’on observe chez ces joueurs vient renforcer l’hypothèse selon laquelle les messages de prévention actuels ne les atteindraient pas. Cela pourrait faire l’objet d’une future recherche.

Par ailleurs, la plupart des joueurs ont perçu les deux formes de passion, harmonieuse et obsessive, comme deux phénomènes distincts observables chez les JdP. Ce résultat rejoint des études antérieures qui ont souligné que les JdP vivent des expériences variées comprenant à la fois des conséquences positives comme du plaisir, de la relaxation, de la stimulation intellectuelle (Bradley et Schroeder, 2009; Dufour et al., 2013; Gainsbury, Suhonen et Saastamoinen, 2014; Hopley et Nicky, 2010; Wood et Griffiths, 2008) et des conséquences négatives comme de la culpabilité (Griffiths, Parke, Wood et Rigbye, 2010; Wood, Griffiths et Parke, 2007) et du stress (Hopley et Nicky, 2010; Hopley, Dempsey et Nicki, 2012). Les résultats suggèrent également que certains joueurs pourraient présenter à la fois la passion harmonieuse et obsessive, l’une dominant l’autre. L’ensemble de ces résultats renforce la pertinence de l’utilisation du Modèle Dualiste de Passion (Vallerand 2010, 2015) dans le contexte des JHA, avec l’existence de deux formes distinctes de passion. Ils encouragent la prise en compte autant des aspects positifs que négatifs de la pratique du poker pour comprendre l’expérience globale des joueurs et ainsi comprendre les renforçateurs à la fois positifs et négatifs en jeu. Ces résultats pourraient avoir des implications tant au niveau de l’intervention auprès des joueurs pathologiques et à risque que de la prévention. Bien que lors des entrevues qualitatives les joueurs ont semblé vouloir être entendus dans leur expérience en abordant ce qu’ils aimaient, la manière dont ils intégraient le poker à leur vie et les stratégies mises en place pour préserver un équilibre, la littérature rapporte que les joueurs à risque ou problématiques sont réticents à venir en traitement (Gainsbury, Hing et Suhonen, 2014). Selon une étude réalisée auprès de plus de 2 000 adultes australiens, bien que 24 % aient révélé être préoccupés par leurs comportements de jeu et pourraient avoir besoin d’aide, seulement 17 % d’entre eux ont eu accès à des services (Davidson et Rodgers, 2010). Les joueurs attendent généralement d’être en grande difficulté pour chercher de l’aide, seulement en dernier recours (Evans et Delfabbro, 2005; Suurvali, Hodgins, Toneatto et Cunningham, 2008). Parmi les barrières au traitement on retrouve la peur de la stigmatisation (Gainsbury et al., 2014; Hodgins et el-Guebaly, 2000) et le manque de compréhension et la méfiance quant aux services de traitement offerts (Hodgins et el-Guebaly, 2000). Un certain jugement social existe dans la société quant aux problèmes de jeu selon lequel le joueur est probablement considéré davantage responsable de ses difficultés que les personnes dépendantes à des substances (Konkolÿ Thege, Colman, El-Guebaly, Hodgins et Patten, 2015). Cette étude sur la passion amène donc à se questionner sur les représentations des problèmes de jeu et les messages véhiculés dans la société. En prévention, véhiculer cette réalité de l’existence des deux formes de passion, soit à la fois du plaisir et des risques, permettrait peut-être de développer une vision moins moralisatrice et de détruire la croyance que le jeu est un choix libre et éclairé pour les joueurs. Cette hypothèse pourrait être testée dans une prochaine étude.

La passion harmonieuse du poker est décrite dans cette étude comme une passion qui s’équilibre avec les autres activités et qui laisse le joueur libre de choisir ou non de jouer. D’autres études sur la passion avaient déjà indiqué que la passion harmonieuse n’était pas associée à la perte de contrôle des comportements de jeu (Mageau et al., 2005) et aux problèmes de jeu (Morvannou et al., 2017; Philippe et Vallerand, 2007), mais la présente étude fait ressortir pour la première fois que la passion harmonieuse est également liée au contrôle des émotions et à la mise en place d’une discipline, selon la perception des joueurs. Dans le même sens, des études antérieures ont souligné que les joueurs qui cherchaient à améliorer leur niveau de poker avaient cet objectif de régulation des émotions (Palomäki et al., 2013; Germain et Tenenbaum, 2011). Etant donné que l’échantillon de cette étude comprend des JdP d’expérience, il n’est donc pas surprenant de constater que le contrôle des émotions soit abordé pour décrire la passion harmonieuse, soit une passion dont on garde le contrôle. Toutefois, des études réalisées auprès des joueurs de poker expérimentés apportent une nuance quant à leur capacité à évaluer les risques (Linnet, Gebauer, Shaffer, Mouridsen et Møller, 2010) et rapportent des croyances erronées comme l’illusion de contrôle du jeu, celle-ci faisant augmenter les risques d’avoir des problèmes de jeu (Barrault et Varescon, 2013b; Mitrovic et Brown, 2009). L’association entre la passion harmonieuse et le contrôle des émotions semble donc une piste de recherche intéressante à examiner plus en profondeur. De plus, l’analyse du discours des joueurs souligne que la passion apporte des émotions positives aux joueurs, comme d’autres études l’avaient précédemment souligné (Abarbanel, 2014; Dufour et al., 2012). En plus des émotions positives, certains joueurs ont dit avoir tiré des bénéfices de leur expérience de JdP en développant des relations sociales entre joueurs comme dans de précédentes études (Leonard et Williams, 2015; Siler, 2010) et des compétences transférables dans un autre domaine que le poker, par exemple dans la sphère professionnelle. Ces éléments font écho aux travaux de Rimé (2009) qui ont souligné le cadre social de la passion, celle-ci appelant le partage avec autrui. L’ensemble de ces résultats corrobore le Modèle Dualiste de Passion (Vallerand, 2015) selon lequel la passion apporte une plus-value à l’individu passionné, rejoignant ainsi le principe de la psychologie positive (Seligman et Csikszentmihalyi, 2000).

La passion obsessive et les problèmes de jeu ne sont pas distincts dans le discours des participants. Ce résultat rejoint plusieurs études qui ont rapporté une association entre la passion obsessive et la perte de contrôle des comportements de jeu (Mageau et al., 2005) et les problèmes de jeu (Castelda et al., 2007; MacKillop et al., 2006a; Morvannou et al., 2017; Ratelle et al., 2004; Skitch et Hodgins, 2005; Vallerand et Guay, 2012). Des études ont révélé que la passion obsessive était plus intense chez les joueurs problématiques et pathologiques comparés aux joueurs sans problèmes (Castelda et al., 2007; MacKillop et al., 2006b; Ratelle et al., 2004; Skitch et Hodgins, 2005). Toutefois, malgré l’association entre ces deux concepts, plusieurs éléments dans la littérature laissent croire qu’il s’agit effectivement de concepts liés, mais distincts. L’étude de la validité du construit de passion de l’Échelle de passion des JHA à partir d’un échantillon de 105 étudiants universitaires joueurs de cartes a révélé une corrélation modérée entre la passion obsessive et les problèmes de jeu (r = 0,63, p <.001) (MacKillop et al., 2006). Dans une entrevue accordée en 2010 au journal Psychologie Québec, Vallerand a identifié la passion obsessive comme un précurseur des problèmes de jeu, la différence entre les deux concepts étant que les joueurs pathologiques n’auraient plus de plaisir et voudraient arrêter de jouer, tandis que ce n’est pas le cas des joueurs passionnés obsessifs. Toutefois, encore aucune étude auprès des joueurs n’a jusqu’alors permis de confirmer cette hypothèse. Une étude longitudinale de l’évolution concomitante de la passion et des problèmes de jeu apporterait des éléments précieux dans la distinction de ces deux concepts.

Selon les joueurs, la passion est un phénomène dynamique qui évolue dans le temps et qui est intimement lié aux comportements de jeu. Pour la plupart des joueurs, alors que la passion et les activités de poker étaient très présentes au moment de l’initiation, la passion a diminué d’intensité, voire disparu, ce qui peut expliquer pourquoi les joueurs ont délaissé le poker pour d’autres activités. En accord avec la diminution de l’intérêt pour le poker, la dernière enquête populationnelle au Québec rapporte une diminution significative de la participation aux JHA, au cours des dernières années (81 % en 2002; 70,5 % en 2009; 66,6 % en 2012) (Kairouz et Nadeau, 2014). De plus, les joueurs de la présente étude reconnaissent un lien entre la passion et les comportements de jeu, qui mérite toutefois d’être nuancé. En effet, même si la plupart des joueurs passionnés jouent souvent et misent des montants conséquents, la fréquence de jeu et l’argent misé ne traduisent pas toujours fidèlement la passion du poker, selon les joueurs. Autrement dit, les joueurs passionnés seraient autant des joueurs qui jouent souvent et qui misent de grosses sommes d’argent que ceux qui ne le font pas. Cela rejoint les études ayant souligné l’hétérogénéité des JdP et la difficulté de dresser un portrait unique des facteurs qui mettent à risque les JdP (Bjerg, 2010; Griffiths et al., 2010; Sévigny et al., 2013; Wood et al., 2007). Ce résultat laisse croire que pour comprendre les risques que présente le poker, il faudrait considérer plusieurs facteurs, pas seulement la passion, la fréquence de jeu ou l’argent misé. La passion ne semble donc pas être, à elle seule, un indice fiable pour appréhender les risques encourus. D’autres indices tels que l’anxiété ou l’impulsivité (Barrault et Varescon, 2013a; Hopley et Nicki, 2010; Morvannou et al., 2017) pourraient être des éléments à prendre en compte afin d’avoir un portrait global des joueurs pour comprendre les risques qu’ils encourent.

Concernant le lien particulier entre chacune des formes de passion et les comportements de jeu et problèmes de jeu, il n’a pas été possible de le préciser, car les joueurs ont été réticents à aborder la passion obsessive lors des entrevues. Ce constat pourrait être attribuable à la désirabilité sociale et à la réticence des joueurs envers la recherche qui pourrait donner une image négative du poker, et au fait que les chercheurs ne sont pas identifiés comme des acteurs reconnus du domaine du poker (Dufour et al., 2012). Ainsi, afin d’accéder au sujet sensible de la passion obsessive et des problèmes de jeu, la recherche future pourrait mettre en place une recherche collaborative de type « patient-partenaire » impliquant des JdP, cette technique étant reconnue pour augmenter la qualité de la recherche. En raison de la complémentarité des connaissances expérientielles des personnes concernées, soit les joueurs, et des experts scientifiques, cette méthode pourrait être envisagée dans les recherches futures (Elberse, Caron-Flinterman et Broerse, 2011; Goodare et Lockwood, 2009)

Ces résultats doivent être interprétés à la lumière de certaines limites. Une sélection de joueurs par choix raisonné à partir de l’échantillon de convenance de la cohorte (noms des auteurs masqués pour une révision à l'aveugle) a pu restreindre la diversité des profils des JdP. De fait, bien qu’une certaine hétérogénéité de joueurs ait été rassemblée en termes de sévérité des problèmes de jeu, il est difficile de généraliser ces résultats à une population spécifique de joueurs. De plus, aucune femme joueuse n’a été rencontrée en entrevue. Celles-ci, bien que minoritaires parmi les JdP (Abarbanel et Bernhard, 2012), pourraient avoir un point de vue différent. Toutefois, le principe de saturation empirique (Paillé et Mucchielli, 2012) a permis la constitution d’un échantillon conforme aux méthodes qualitatives (Paillé et Mucchielli, 2012) et les 12 entrevues donnent suffisamment de richesse pour décrire le phénomène d’intérêt (Guest, Bunce et Johnson, 2006). Par ailleurs, l’inclusion de JdP ne permet pas d’étendre les conclusions aux autres joueurs de JHA. Néanmoins, il s’agit d’un échantillon de joueurs relativement homogène jouant principalement au poker, contrairement à bien d’autres études dans le domaine qui ne rapportent pas les JHA pratiqués par la population étudiée (Ratelle et al., 2004; Skitch et Hodgins, 2005). Un biais de mémoire potentiel est à prendre en considération, car certains participants ont diminué leurs activités de poker au cours des dernières années. D’autre part, la réalisation des entrevues par vidéo sur Internet et par téléphone a pu limiter l’ouverture des participants à dévoiler leur expérience. Toutefois, cette modalité d’entrevue est considérée équivalente aux entrevues en face à face dans divers domaines (Aziz et Kenford, 2004; Chatterji et al., 2017; Mahfoud, Ghandour, Ghandour, Mokdad et Sibai, 2015). Enfin, cette étude originale et novatrice a permis de mieux comprendre la perception des joueurs grâce à l’emprunt d’une méthodologie qualitative, adaptée pour les champs de recherche encore peu explorés (Fortin, 2010).

Conclusion

Finalement, des résultats précieux découlent de cette étude novatrice sur la passion du poker à partir du discours des joueurs. Cette étude a démontré que le terme « passion » et les deux formes de passion sont des concepts qui correspondent à aux expériences vécues par les JdP. Bien que la passion soit un indicateur des comportements de jeu, au même titre que la fréquence de jeu et l’argent misé, il est nécessaire de prendre en compte plusieurs facteurs pour comprendre les risques encourus par les joueurs. Le concept de passion est utile pour la compréhension des comportements au poker, à la fois concernant l’absence et la présence de problèmes de jeu. Ce concept permet de dissocier les expériences positives des négatives. En définitive, la passion peut à la fois apporter une plus-value dans la vie du joueur, mais également exposer les joueurs à des conséquences négatives, selon leur manière de s’engager dans le poker et de gérer la place accordée au jeu et aux autres activités de sa vie. Il s’agit de résultats qui apportent un nouvel éclairage sur la prévention et les soins actuels pour les adapter à la réalité et aux besoins des JdP. Il semble crucial de considérer la passion autant harmonieuse qu’obsessive dans la prévention, le traitement et la recherche sur les problèmes de jeu chez les JdP. En tenant compte de ces constats, la prévention des problèmes de jeu devrait encourager la diversification des activités et des « passions » et encourager un recul pour réévaluer l’engagement dans le poker et ses bénéfices. Les résultats de cette étude ont pu être obtenus par l’analyse de verbatims, ce qui encourage à s’intéresser à la perception des joueurs selon leur discours pour comprendre les risques encourus. Grâce à l’aspect qualitatif de l’étude, on a remarqué des fluctuations de la passion et cela permet d’avoir une vision dynamique de l’influence de la passion sur les comportements de jeu.

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Manuscrit soumis le 19 mai 2017 et accepté le 24 août 2017. Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs. Toutes les adresses URL étaient actives au moment de la soumission.

Submitted May 19, 2017; accepted August 24, 2017. This article was peer reviewed. All URLs were available at the time of submission.

Correspondance/For correspondence: Adèle Morvannou, Msc, Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université de Sherbrooke, Campus de Longueuil 150 Place Charles-Le Moyne, bureau 200, Longueuil, Québec, Canada, J4K 0A8. E-mail: Adele.Morvannou@usherbrooke.ca

Conflit d’intérêts/Competing interests: Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.

Approbation éthique/ Ethics approval: Tous les participants inclus ont donné leur consentement éclairé pour prendre part à l’étude, et le projet intitulé « Influence de la passion du jeu chez des joueurs de poker au Québec : méthode de recherche mixte » a été approuvé en date du 13 novembre 2014 par le Comité d’éthique des Lettres et sciences humaines de l’Université de Sherbrooke (N/Réf. 2014-79/Morvannou/).

All participants included gave their informed consent to participate in the study, and the project named “Influence de la passion du jeu chez des joueurs de poker au Québec : méthode de recherche mixte” [Influence of Passion for Gambling on Poker Players in Quebec: Mixed Research Methodology] was approved as of November 13, 2014 by the Committee for Ethics of Arts and Human Sciences Faculty, Université de Sherbrooke.

Remerciements/Acknowledgements : Les auteurs voudraient remercier les participants à l’étude et tous les membres de l’équipe de recherche. La recherche principale a été soutenue financièrement par les Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC). La candidate au doctorat a été soutenue financièrement tout au long de l’écriture de cet article à travers des bourses doctorales octroyées par la Chaire de recherche en toxicomanie de l’Université de Sherbrooke, le centre de recherche de l’hôpital Charles-LeMoyne et la Banque TD.

The authors would like to thank the participants to the study and all research team members. The main research was funded by the Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC). The doctoral candidate received financial support throughout the drafting of this article through doctoral grants awarded by Research Chair in Addiction, Université de Sherbrooke, Charles-LeMoyne Hospital Research Center, and TD Bank.

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  • JGI Scholar’s Award, Category A

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Editor-in-chief: Sherry Stewart, Ph.D.
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